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The Rosicrucians
Hargrave Jennings

Alternative Religion/ Library

CHAPTER THE THIRTY-SEVENTH.

DOCTRINE AND RATIONALE. THE EMBODIED “CHILDREN OF THE ELEMENTS,” BOTH OF HEATHEN AND OF CHRISTIAN PERIODS.

L est avéré pour les Théologiens et les Philosophes que de la copulation de l’homme, mâle ou femelle, avec le Démon, naissent quelquefois des hommes. Et c’est de la sorte que doit naître l’Antichrist, suivant bon nombre de Docteurs: Bellarmin, Suarez, Maluenda, &c. Ils observent en outre que, par une cause toute naturelle, les enfans ainsi procréés par les Incubes (Exterior Spirits, with more or less power, enabled to embody themselves with male human characteristics, and drawn to earth with the desire to form alliances with women—as hinted in the Bible), sont grands, très-robustes, très-audacieux, trèssuperbes, et très-méchants. Voyez là-dessus Maluenda; quant à la cause en question, il nous le donne d’après Vallesius, Archiatre de Reggio.

“Ce que les Incubes introduisent in uteros n’est pas qualecumque, neque quantumcumque—mais abondant, très-chargé d’esprits et sans aucune serosite. Ceci est d’ailleurs pour eux chose facile: ils n’ont qu’à choisir des hommes chauds, robustes, et quibus succumbant; puis des femmes de même temperament, quibus incumbant. Tels sont les termes de Vallesius. Maluenda confirme ce qui a été dit plus haut, prouvant, par le témoignage de divers Auteurs, classiques la plupart, que c’est a pareilles unions que doivent leur naissance: Romulus et Rémus, d’après Tite-Live et Plutarque; Servius-Tullius, sixième roi des Romains, d’après Denys d’Halicarnasse et Pline l’Ancien; Plato le Philosophe, d’après Diogêne Laërce et Saint Jérômc; Alexandre le Grand, d’après Plutarque et Quinte-Curce; Séleucus, roi de Syrie, d’après Justin et Appien; Scipion I’Africain, premier du nom, d’après Tite-Live; 1’empereur César-Auguste, d’apres Suétone; Aristomène de Messénie, illustre général grec, d’apres Strabon et Pausanias. Ajoutons encore l’Anglais Merlin or Melchin, né d’un Incube et d’une Religieuse, fille de Charlemagne. Et, enfin, comme l’écrit Cocleus, cité par Maluenda, ce Hérésiarque qui a nom Martin Luther.”

On lit aussi dans la Sainte Écriture, Genèse, chap. 6, versei 4, que des geants sont nés du commerce des Fils de Dieu (the “Angels of God”) avec les Filles des Hommes (the “Daughters of Men”). Ceci est la lettre même du texte sacré. Or, ces géants éientdes hommes de grande stature, comme qu’il est dit dans Baruch, chap. 3, versei 26, et de beaucoup supérieurs aux autres hommes. Outre cette taille monstrueuse, ils se signalaient encore par leur force, leurs rapines, leur tyrannie; aussi est-ce aux crimes des Géants qu’il convient d’attribuer la cause premiere et principale du Deluge, suivant Cornélius à Lapide, dans son Commentaire sur la Genèse.

Ces animaux Incubi—spirits capable of incorporating themselves and of borrowing forms to effect their purpose without “alarming”—asserted to be an “essential Rosicrucian tenet”—ces animaux naitraient-ils dans le péché originel, et auraient-ils rachetés par le Seigneur Christ? La grâce leur serait-elle conferée, et par quels sacrements, sous quelle loi vivraient-ils, et seraient-ils capables de Béatitude et de Damnation ?

“Dans un monastère de saintes Religieuses vivait comme pensionnaire une jeune vierge de noble famille, laquelle était tentée par un Incube qui lui apparaissait jour et nuit, et, avec les plus instantes prières, avec les allures de 1'amant le plus passionne, la sollicitait sans cesse au péché. Elle cependant, soutenue par la grdce de Dieu et la frequentation des sacrements, demeurait ferme dans sa resistance. Mais malgré toutes ses dévotions, ses jeunes, ses voeux; malgré les exorcismes, les bénédictions, les injonctions faites par les exorcistes à 1'Incube de renoncer à ses persecutions; en dépit de la multitude de reliques et autres objets sacres accumules dans la chambre de la jeune fille, des flambeaux ardents qu’on y entretenait toute la nuit,l’Incube n’en persistait pas moins à lui apparaître comme de coutume sous la forme d’un très-beau jeune homme. Enfin, parmi les doctes personnages consultés à ce propos, se trouva un Théologien d’une grande érudition: lequel, observant que la jeune fille tentée était d’un temperament tout à fait flegmatique, conjectura que cet Incube devait être un demon aqueux (il y a en effet, comme en temoigne Guaccius, des demons ignés, aériens, flegmatiques, terrestres, souterrains, ennemis du jour.”) We may here remark that the above expresses some of the notions of the Rosicrucians in regard to those that they denominate—“Les Enfans Aériens et Les Enfantes Aériennes:”—their Ondins and Ondines, their Sylphs and Sylphides, their Gnomes and Gnomides, their Kebels, Kebelles or Kololds (Krolls or Krolles) and their Salamanders and Salamandrines.

“Le Théologien érudit ordonna qu’on fit immédiatement dans la charnbre de la jeune fille une fumigation de vapeur. On apporte en conséquence une marmite neuve en terre transparente; on y met une once de canne aromatique, de poivre cubèbe, de racines d’aristoloche des deux espèces, de cardomome grand et petit, de gingembre, de poivre long, de caryophyllée, de cinnamome, de canelle caryophyllée, de macis, de noix muscades, de storax calamite, de benjoin, de bois d’aloès, et de trisanthes, le tout dans trois livres d’eau-de-vie demipure; on place la marmite sur des cendres chaudes, afin de faire monter la vapeur fumigante, et l’on tient la chambre close. La fumigation fait arriver l’Incube, mais qui, cette fois, n’osa jamais pénétrer dans la chambre. Seulement, si la jeune fille en sortait pour se promener dans le jardin ou dans le cloitre, il lui apparaissait aussitot tout en restant invisible aux autres, et lui jetant ses bras autour du cou, lui dérobait ou plutõt lui arrachait des baisers, ce qui faisait cruellement souffrir cette honnête pucelle. Enfin, après nouvelle consultation, notre Théologien ordonna a la jeune fille de porter sur elle de petites boulettes composées de parfums exquis, tels que musc, ambre, civette, baume de Pérou et autres. Ainsi munie, elle s’en alia se promener dans le jardin où surle- champ lui apparut l’Incube, furieux et menaçant; toutefois, il n’osa point l’approcher, et apres s’être mordillé le doigt, comme s’l méditait une vengeance, il disparut pour ne plus revenir.—Confesseur de Nonnes, homme grave et très-digne de foi.”

Je sais que beaucoup de mes lecteurs, la plupart peutêtre, diront de moi ce que les Epicuriens et bon nombre de Philosophes Stoïciens disaient de S. Paul (Actes des Apôtres, c. 17, v. 18): “II semble qu’il annonce des divinités nouvelles,” et tourneront ma doctrine en ridicule. Mais ils n’en seront pas moms tenus de détruire les arguments qui précedent, de nous dire ce que c’est que ces Demons Incubes, vulgairement appelés Follets, qui n’ont peur ni des exorcismes, ni des objets sacrés, ni de la Croix du Christ; et enfin de nous expliquer les divers effets et phénomenes relates par nous dans Imposition de cette doctrine. The above passage is very curious, since it gives the key (a matter which has puzzled every speculator) as to the meaning of the masquerade and “Folly” and antic system which prevails in the Catholic application of the Christian Doctrine at the “Pre-Lent” period, and the recurring Festivals, or the Jovial, Mercurial, Venus – patronised periods. Folle:—Follets (m.), Follettes (f.), Folletins (m.), Folletinnes (f). These are the names of the male and female masquerading, gambolling “Follies,” or Fays or Elves or Sprightly Spirits—under their various fanciful names, and in their picturesque, sportive, masquerading disguises—the “pied-populace” of that “world-turnedupside- down,” in the general male and female interchange and frolicsome “Glorying”—the Carnival, or Grotesque (in reality, religious) Celebration of all countries. Dancing is also sacred in certain senses. The “Precentor” of the Cathedrals was originally the Leader of the Choirephists, or Chorephists, or Corephests. Thence Coriphes, or Coryphées, for female dancers.

Luxure et humidité sont deux termes correspondants: ce n’est pas sans raison que les Poëtes ont fait naitre Vénus de la mer, voulant indiquer, comme 1'expliquent les Mythologues, que la luxure a sa source dans l’humidité. Lorsque les Incubes s’unissent aux femmes dans leur corps propre et naturel, sans metamorphose ou artifice, les femmes ne les voient pas, ou, si elles les voient, c’est comme une ombre presque incertaine et à peine sensible. Quando vero volunt se visibiles amasiis reddere, atque ipsis delectationem in congressu carnale afferre, sibi indumentum visibile assumunt, et corpus crassum reddunt. Par quel art (magic), ceci est leur secret. Notre philosophic à courte vue est impuissante à le découvrir.

Hector Boethius, Hist. Scot., raconte aussi le cas d’un jeune Écossais qui, pendant plusieurs mois, reçut dans sa chambre, quoique les portes et fenêtres en fussent hermétiquement (note: this word comes from the “Hermetic Brothers,” or the Rosicrucians) fermées, les visites d’une Diablesse Succube (as it was supposed or assumed, perhaps wrongfully) de la plus ravissante beauté; caresses, baisers, embrassements, sollicitations, cette Diablesse (or Temptress) mit tout en oeuvre, ut secum—ce qu’elle ne put toutefois obtenir de ce vertueux jeune homme. A worthy example to youth: “especially in this generation,” will be an exclamation vividly rising to the mind of the reader. D’autres fois aussi le Demon, soit incube, soit succube, s’accouple avec des homines ou des femmes dont-il ne reçoit rien des hommages, sacrifices ou offrandes qu’il a couturne d’imposer aux Sorciers et aux Sorcierès, comme on l’a vu plus haut. C’est alors simplement un amoureux passionné, n’ayant qu’un but, un désir: posséder—la personne qu’il aime. II y a de ceci une foule d’exemples, qu’on peut trouver dans les Auteurs, entre autres celui de Menippus Lycius, lequel, apres avoir maintes et maintes fois ——avec une femme, en fut prié de l’épouser; mais un certain Philosophe, qui assistait au repas de noces, ayant deviné ce qu’était cette femme, dit a Menippus qu’il avait affaire à une Compuse, c’est-a-dire a une Diablesse Succube: aussitôt notre mariée s’évanouit en gémissant.—Lisez la-dessus Coelius Rodiginus, Antiq., livre 29, chap. 5. These extraordinary narrations form the basis, and supply the material, for Keats's poem of “Lamia,” and Coleridge's poetic sketch, “Christabel.”

Nous avons de plus, a 1'appui de notre these, l’Evangile de S. Jean, ch. 10, v. 16, où il est dit:—“J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que je les amène, et elles entendront ma voix, et il n’y aura qu’une seule bergerie et qu’un seul berger.” Si nous dernandons quelles peuvent etre ces brebis qui ne sont pas de cette bergerie, et quelle est cette bergerie dont parle le Seigneur Christ, tous les Commentateurs nous réspondent que la seule bergerie du Christ c’est l’Eglise, à laquelle la predication de l’Evangile devait amener les Gentils, qui étaient d’une autre bergerie que celle des Hebreux. Pour eux, en effet, la bergerie du Christ, c’était la Synagogue, d’abord parce que David avait dit,—Psaume 94, v. 7:

“Nous sommes son peuple et ses brebis qu’il nourrit dans ses paturages;” puis, parce que la promesse avait été faite à Abraham et à David que la Messie sortirait de leur race, parce qu’il était attendu par le peuple Hébreu, annoncé par les Prophètes, qui étaient Hébreux, et que son avénement, ses actes, sa passion, sa mort et sa résurrection étaient comme figurés d’avance dans les sacrifices, le culte et les cérémonies de la loi des Hébreux.

Les Anges ne sont pas tous de purs esprits: décision conforme du deuxieme Concile de Nicée. Existence de créatures ou animaux raisonnables autres que l’homme, et ayant comme lui un corps et une âme. Et quoi ces animaux different-ils de I’homme? Quelle est leur origine? Descendent- ils, comme tous les hommes d’Adam, d’un seul individu? Y a-t-il entre eux distinction de sexes? Quelles sont leurs moeurs, leurs lois, leurs habitudes sociales?

Quelle sont la forme et l’organisation de leur corps? Comparaison tirée de la formation du vin. Ces animaux sontils sujets aux maladies, aux innrmités physiques et morales, à la mort? Naissent-ils dans le péché originel? Ont-ils été rachetés par Jésus-Christ, et sont-ils capables de béatitude et de damnation? Preuves de leur existence.

“De la Démonialité et des ‘ANIMAUX INCUBES ET SUCCUBES’ (‘Children of the Elements’); où l’on prouve qu’il existe sur terre des créatures raisonnables autres que I’homme, ayant comme lui un corps et une âme, naissant et mourant comme lui, rachetées par N. S. Jésus- Christ et capables de salut ou de damnation.” Par le R. P. Louis Marie Sinistrari d’Ameno, de 1’Ordre des Mineurs Réformés de l'étroite Observance de Saint-François (xvii. siecle). Publié d'après le Manuscrit original découvert à Londres en 1872, et traduit du Latin par Isidore Liseux. (Seconde Edition.) Paris, Isidore Liseux, 5 Rue Scribe, 1876.

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